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Articles

Fougère et le tennis de table

Fougère, il rigole pas des genoux, ni des doigts de pieds ni de nulle part, le seul truc qui rigole chez Fougère, c’est l’énergie. Je la vois souvent sourdre de ses deux poignets sous la forme de grosses veines bleues qui semblent ne demander qu’une chose : exploser. Il se ramène chez oim, il m’en claque cinq et commence à s’ouvrir une bouteille de vin rouge qu’il chope au vol dans mon étagère en osier tressé. J’ose pas lui parler de mon ombre ni rien, de peur de lui faire peur. Il me dit que c’est vraiment de la merde ce pinard et je lui dis qu’il a qu’à aller s’en acheter. Je le dis à voix basse et il me dit Quoi ? et je réponds Nan mais rien. Il s’en prend une rasade et me demande si je veux pas l’aider à tenir un club de Ping-Pong. Je sais pas trop quoi lui dire, moi, j’suis pas en grande forme pis j’ai pas fait de ping pong depuis le centre aéré à Saint-Mars-La-Jaille, je m’étais fait éclater par un chinois, j’me rappelle ou alors je l’ai inventé je sais plu...
Articles récents

Les Aventures de Zirgule La Maline

J’étais en train de tordre le cou à mon ombre, tranquille sur mon tapis de salon. Je l’avais bien zigouillée mon ombre, faut dire qu’elle l’avait cherché, elle s’était tapé toute la bouteille de whisky et avait encore pioché dans la réserve d’herbe magique. Y’a des trucs, je pardonne, et d’autres trucs que je pardonne aussi. J'ai le pardon plutôt facile. Mais si y'a bien une chose avec laquelle je badine pas, c'est l’alcoolisme. Et mon ombre en faisait une bonne, d’alcoolique. Elle et moi on était face contre terre contre face, et ça castagnait sévère. Pour attraper une ombre, il faut être sacrément costaud du bout des doigts, parce que ça file vite dans les phalanges. Je m’étais entraîné des longues années durant, pour obtenir ce pincé des doigts si puissant qu’il pouvait servir à attraper des ombres. Tout d’abord, j’avais commencé par le plus facile : attraper l’eau du robinet ou bien encore l’haleine chargée d’un contrôleur de tramway. Puis j’avais corsé la chose : j...

Encore une histoire de transports en commun

Devant moi, personne, derrière, quelqu’un, à ma droite, personne, à ma gauche, une vitre, sous moi, un siège, sous le siège, un sol, sous le sol, des rails, des rails et des rails mais toujours le même rail tout de même. Des rails qui défilent. Ou bien peut-être est-ce le train qui défile, ou tout simplement le temps... Bon sang, le temps se défile, les rails s’effilochent, tout part à vau l’eau et tout ça juste sous mon siège ! Et pourtant, malgré toutes ces conneries, le train continue d’avancer, pour me déplacer moi et mes congénères d’un point A vers un autre point A qu’on pourrait appeler A’ puisqu’ils se ressemblent tant, c’est là le principal inconvénient de la vie, c’est que tous les points se ressemblent peu ou prou, du fait que ce soient des points. Il faudrait plutôt aller d’un cercle à l’autre ou bien d’un trapèze à l’autre mais cela, à part si l’on est circassien ou pire, est bien impossible. C’est alors qu’un jeune homme café-au-lait du nom de Gustave très c...

Zirgule et Moi

A l’abri d’un abri de tramway nous nous abritions de la pluie qui pleuvait de haut en bas. Il n’y avait aucun soleil ou alors qu’un seul à l’horizon, en tout cas pas plus, à la limite moins. Sous les gouttes, nous respirions, comme il se doit quand on est vivant. Nous n’étions d’ailleurs pas vraiment sous les gouttes puisque nous étions à l’abri du petit abri de la TAN qui nous abritait. Zirgule a causé : - Je cause, je cause, je cause ... J’ai haussé les épaules car cela ne faisait pas beaucoup de sens pour moi, ce que racontait Zirgule. Mais malgré mes épaules levées, cela ne fit pas plus sens. C’est pourquoi j’arrêtai tout de suite de lever mes épaules et m’efforçai dès alors d’afficher un air contrit au visage, pour me donner contenance face à Zirgule. Je bouchai ma bouche, oreillai mes oreilles et nésai mon nez, non sans me répéter à quel point je haïssais le passé simple. Elle me regardait d’un regard, ou plutôt de deux car elle avait deux yeux. Son œil gauche me fixa...